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La "maladie" du buis à Fontainebleau-suite

Nous reprenons le "questionnement" qui nous a interpellé d'une part lors de nos promenades de parcs à Fontainebleau et d'autre part suite aux informations glanées sur la toile. Nous prenons à notre compte ce problème en le replaçant au niveau de la plante "malade".
Les observations ont montré à la fois le dénudement plus ou moins avancé des buissons, et la présence de chenilles à l'appétit vorace découpant les feuilles ou rongeant l'épiderme des rameaux et détruisant les bourgeons. Quelques clichés pour préciser la situation du buis.


Buis taillé du jardin du Chateau de Fontainebleau: les ravages sont variablement distribués.

Buis taillé en haie de 1.80 m en clôture de la "ferme du Parc" : la grande majorité des buis est "morte"

A.Les différents projets entrepris:

1° suivi de l'intensité des attaques du ravageur sur le plante
2° les formes "actuelles" du ravageur, papillon, oeuf, chrysalide et chenille selon le calendrier (pour coordonner un calendrier de lutte efficace)
3° élevage de formes larvaires pour définir le plus précisemment possible la durée du cycle biologique de Cyladima perspectalis (cette connaissance doit également permettre d'estimer l'efficacité de la lutte)
4° mise au point de technique pour contrôler la présence de chenilles
Les chenilles sont rarement visibles sur les feuilles ; pour s'assurer de leur présence il convient d'examiner les rameaux un par un et de surveiller la présence de "niches" (feuilles assemblées l'une sur l'autre par des filaments soyeux) où elles se protègent de la lumière et des rayons solaires.


Cependant, les chenilles ont un appétît très fort (surtout les stades 3, 4 et 5). En conséquence elles abandonnent une grande quantité de boulettes fécales sur le plancher des cages d'élevage


La disposition d'un "écran" au pied d'un massif de buis permet de les observer (et les compter) et de connaître la présence de chenilles actives.


A1.intensité des attaques du ravageur.

J'ai convenu d'un barème assez classique :




Pratiquement, la notation peut être établie sur une photo prise à 1m environ du buisson, ouverte sur l'écran du computer par le logiciel XnView ; une coupe casualisée d'environ 5cm x 3 cm est retaillée et examinée selon ce barème.
Pour suivre le comportement du buis soumis à cette "maladie", il est envisagé de pratiquer des notations tous les deux mois sur le même site (aire marquée par la flèche rouge au jardin de Diane).


A2. les formes actuelles du ravageur

29 mars 2017 = On ne peut observer que des petites chenilles (type L2)

7 avril 2017 =
Les chenilles observées sont de taille plus grande, de stade L3 La capture de chenilles se poursuit et leur cantonnement en cage


1 juin 2017 =
un papillon en vol a été observé dans le jardin de Diane

Nous pouvons résumer le détail des observations "au champ" de la Pyrale du buis sur le schéma ci-dessus

A3. Elevages en cage







A4.4 = mise au point de technique de contrôle et premiers résultats obtenus
La technique des "écrans" pourra être utilisée pour détecter la présence de chenilles et en conséquence de lancer l'avertissement d'un traitement (Bacillus thuringiensis ou pyrétrinoïdes de synthèse). De même il sera un heureux appoint pour s'assurer du bon effet des pulvérisations.
Il est évident qu'en l'absence de chenilles aucun traitement ne doit être appliqué

L'élevage de chenilles en cage, par un laboratoire quelque peu équipé, permettrait de suivre l'image du déroulement du cycle biologique du Cyladima perspectalis "dans la nature".
La détection des oeufs semble beaucoup plus difficile que celle de notre fameux Heliothis armigera. Nous entrons actuellement dans cette période qui précède la prochaine génération et elle requiert une vigilance accrue.
Les observations et élevages permettent d'attribuer au cycle biologique les paramètres de temps suivants :
stades chenilles L3 à L5 = environ 1 mois
stade Chrysalide = 8 à 10 jours
durée de vie des papillons = environ 8 à 12 jours
Les observations ont montré que les générations ne sont pas rigoureusement fixées (nous avons vu des entrées en chrysalide étalées sur plusieurs jours et de même pour les émergences de papillons).
Enfin à ce stade des recherches entreprises, pour ce qui concerne le contrôle de "la maladie" nous n'excluons pas les autres stratégies, outre celle de la lutte contre les larves, celle de la maîtrise de oeufs par les Trichogramma et celle de la capture des adultes par pièges à phéromone ou pièges lumineux. Le renforcement de la vigueur des plants de Buxus face au lépidoptère ravageur devrait également être pris en compte.

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Situation au 14 juillet Alerte n°1



Lors d'une excursion, nous avons découvert des chenilles de 2ème génération,

sur un pied de buis à La Genevraye ,
ce qui nous permet de prolonger le graphique précédent. Nous l'avions suspendu lors de la phase papillon. Il s'est avéré que la prospection des oeufs était assez difficile à réaliser. Les oeufs ont donc éclos et voici donc la deuxième génération de Cyladima perspectalis .

Les chenilles sont comme précédemment cachées à l'intérieur de logette constituées de feuilles "cousues".

Leur détection est facilitée par la présence de rongures de quelques feuilles et de ces feuilles "cousues". A l'occasion, nous avons pu, imaginer un nouveau moyen de détecter ces chenilles (sans avoir à dilacérer les logettes) par leurs déjections à partir de jeunes rameaux présentant ces signes et déposés sur un écran de papier blanc. Des boulettes fécales y sont déposées en 24 heures, ce qui atteste de la présence active de chenilles en cours d'alimentation. A remarquer que la taille de ces boulettes est nettement moins grande que celles des chenilles L3 à L5.

En conclusion de ces observations, il est INDISPENSABLE de traiter le plus rapidement pour détruire les chenilles de cette nouvelle génération.

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Situation au 12 septembre



Depuis la précedente mise au point, deux évenements ont apporté des indices pour l'analyse de la prévalence de la pyrale au cours de l'année 2007: 1° l'apparition le 6 août de papillons dans la cage délevage, les chenilles ayant été capturées à La Genevraye le 14 juillet .

2° Une prospection à La Genevraye ce jour du 12 septembre nous a permis de capturer 4 chenilles sur un buisson à moitié dévasté. Sur les autres sites (Dormelle, Nonville) où nous avions pu le 14 juillet nous approprier d'autres chenilles pour des élevages, aucune chenille n'a pu être distinguée cette fois, les buissons étant très dévastés. Il est bien connu que les femelles s'abstiennent de pondre si la plante hôte pour ses larves est inappropriée. végétativement.





Ainsi, nous progressons dans notre projet de connaître la répartition annuelle des cycles de la pyrale dans la région.
Nous pouvons dès à présent définir deux générations, celle de 2016-2017 ayant survécu sous forme chenille pendant l'hiver et une génération de printemps commencée en mai. Une deuxième génération d'été, commencée en août, se déroule actuellement, les stades papillon et ponte sont confirmés par l'apparition de ces chenilles le 12 septembre. Il est à prévoir une 3ème génération d'automne qui pourrait débuter début octobre. Nous en aurons la confirmation lors de l'éclosion des chrysalides en cage d'élevage pour les chenilles de la Genevraye.


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