1. HistoriqueCette maladie a déjà été observée en Guyane, en 1999, sur un premier jardin
expérimental. Les plantes touchées étaient la tomate et le tomatillo (Physalis ixocarpa).
La plupart, sinon la totalité, des maraîchers producteurs de tomate sont confrontés à cette
maladie qui est le principal obsctacle à leur industrie. Sachant que l'origine de cette maladie
infectieuse réside dans le sol, ils ont choisi l'option de la culture hors sol et apportent
le plus grand soin à la désinfection des substrats. Ainsi, l'incidence du flétrissement
bactérien est-il ramené à un niveau modéré.
Les premières attentions que j'ai apportées à ce problème datent de 1984. Mon collègue
C.NETSCHER avait mis au point une stratégie très efficace pour contrôler les nématodes
Meloidogyne, premier parasite en importance des solanacées maraîchères. Il s'agissait de
laisser le sol se reposer trois ans avant de revenir à la culture de plantes hôtes. Cette durée
occupée à la culture fourragère du Panicum maximum, plante non hôte, s'est avérée suffisante pour
anéantir sinon abaisser suffisamment le taux des populations d'anguillules. Les premiers cas de
flétrissement sont apparus dans les parcelles d'aubergine puis de tomate.
A partir d'essais de comportement, j'ai pu déceler un potentiel de résistance chez l'aubergine
locale type "ndrowa" ainsi que chez l'aubergine asiatique type thaïlandaise. Un peu plus tard,
divers procédés de greffage ont été essayés. La stratégie de greffage sur ces deux plantes a été
mise au point à Brazzaville, assortie de conditions satisfaisantes pour la résistance à
la maladie. Un troisième porte-greffe, vivement recommandé par C.M. MESSIAEN, Solanum torvum
les a supplantées dans nos essais. Deux handicaps, moindre résistance à la pénétration par
la bactérie Ralstonia solanacearum, et irrégularité du potentiel germinatif de ses semences,
le défavorisaient. Il s'est avéré, néanmoins, le plus intéréssant pour trois motifs majeurs : la
bonne affinité avec les greffons aussi bien tomate qu'aubergine, une bonne tolérance vis-à-vis
des nématodes Meloidogyne et une végétation vigoureuse .
2. Etat des travaux à KourouL'un des projets de l'actuel
jardin expérimental de Kourou, est d'observer l'état de santé des plants greffés
sur Solanum torvum, en présence des
souches guyanaises de la bactérie Ralstonia.
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Il a fallu attendre l'apparition de la
maladie. Ele se manifeste actuellement au cours de la deuxième année de mise en culture, et ce, aussi bien
sur aubergine (variété diakhatou) que tomate (variété San Marzano).
Le diagnostic "au champ", a été caractérisé par le faisceau de symptômes suivant:
1° le flétrissement commence par un ou plusieurs rameaux, et se généralise ensuite en quelques
jours malgré les arrosages.
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2° dans le cas de la tomate
, on voit se développer des petites excroissances sur la partie
inférieure de la tige (ébauches de racines adventives, initiées à la suite de troubles
hormonaux)(voir la flèche n°3 sur la photo ci-contre).
3° le système radiculaire est apparemment très sain : il faut chercher très attentivement
pour découvrir une ou deux racines macérées, origine de la pénétration de la bactérie dans la
plante.
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4° la section transversale ou
oblique dans la premiers cm de la tige montre une "décoloration"
brun rose du xylème (flèche n°3 sur la photo aubergine), et brun foncé à la lisière de l'écorce
(flèche 1 et 2) .
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La variété de Solanum torvum utilisée couramment dans mes greffages n'a pas été trouvée
en Guyane. Dans l'attente de l'approvisionnement en semences conformes aux anciens travaux,
un essai est actuellement tenté sur la variété guyanaise (40 à 60 cm de haut et très épineuse), assez
différente du type africain :
la reprise du greffon, assez lente, traduit une affinité médiocre avec la tomate (photo ci-contre
). La planche P5 où sont apparus les
cas de flétrissement bactérien sera dorénavant réservée aux essais de comportement sanitaire
des porte-greffe : aubergine thaïlandaise, aubergine "ndrowa", Solanum torvum var.guyanaise
et Solanum torvum var. africaine.
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3. Résultats et projets
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