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La culture du pleurote est-elle possible en Guyane?
Après trois mois de recherches, nous avons pu récolter le 24/11/01 un premier carpophore dans notre jardin de Kourou. Les données, encore à préciser, sont celles du substrat le plus approprié et les conditions pour le déclenchement de la mise à fruit.

Depuis 2001, où ces premiers résultats très encourageants ont été obtenus, deux obstacles se sont opposés à nos projets : d'une part, la maîtrise des conditions extérieures, jusqu'ici adoptées, a été perdue, notamment par l'invasion constante des blocs de culture par des fourmis déambulantes apparemment très friandes de champignon, et, d'autre part, la qualité mycogène du substrat ne s'est pas reproduite.
Le programme devait se dérouler en 3 étapes :
1° culture continue du mycelium sur milieu gélosé nutritif en conditions stériles (tubes pyrex capuchonnés par coton cardé); nous avons choisi un classique, le P.d.a. (potato dextrose agar).
2° culture en boîte de Pétri sur grain de maïs stérilisé : poursuivie 2 à 3 semaines, elle procure des "galettes" inoculum pour l'ensemencement du substrat.
3° culture sur substrat :
le choix s'est porté sur
a) des sources ligneuses
b) des sources cellulosiques
La mise en valeur des déchets locaux nous a suggéré d'essayer la sciure de bois. La scierie de Kourou (route de Degrad Saramaca) en produit des masses inépuisables. De même le club hippique rejette la litière des stalles (sciure cette fois enrichie de crottin et d'urine. Utilisé tel quel ou pasteurisé, ce substrat ne nous a jamais donné de résultat positif (sauf pour des tout premiers essais de 2001, ce qui nous a induit en faux espoirs). Nous supposons que la forte teneur de ces sciures en tanin serait défavorable à la culture du Pleurote (couramment cultivé en Europe sur copeaux et sciure de bois blanc).

La technique de culture, elle-même, a été déduite des premiers schémas : le substrat, recouvrant une galette inoculum, est placé et compressé en boites de carton-alu reconstituées (briques de jus de fruit ou de lait) avec un fond et un couvercle. Les boites sont refermées mais conservées à l'air libre et non exposées au soleil. L'ensachage en sachets de plastique, efficace pour contrôler l' invasion de fourmis, s'oppose à la croissance du mycelium et a donc été abandonné, de même que le rangement en coffrets étanches. Nous en avons conclu que l'aération des blocs de culture est indispensable. Le compactage de l'ensemble substrat-inoculum est lui aussi important : le nouveau système des "piles" de boites de culture assure cette fonction, la boite supérieure remplie de sable exerçant une pression satisfaisante. Les "champignons" émergent le long de la pile (photo n°3). La production est assurée ainsi mais faible : le substrat ne joue pas un rôle nutritif, (la source est uniquement la galette inoculum) mais simplement un rôle de déclencheur. Un nouveau substrat, découvert depuis peu et utilisé dans les piles décrites, se transforme en une durée de 3 à 4 semaines en une "brique de champignon" (photo n°4) qu'il suffit de placer en conditions optimales et suffisamment approvisionnées en eau pour produire d'abondants carpophores (voir photo n°2). L'irrigation des boites de cultures fait l'objet des études actuelles. En résumé, il faut envisager non plus trois mais quatre étapes dans le programme de culture, la quatrième basée sur l'utilisation des "briques de champignon". Nous avons pu mettre au point un "kit" de production de champignons pleurotes, dont nous joignons ci-après la notice.
Kourou, le 10 août 2005


Les recherches et expérimentations ont été abandonnées progressivement depuis l'années 2009.

Mise à jour
1° l'inoculum = la capacité à produire l'inoculum par culture en tube pyrex n'est pas remise en question, sinon par la disposition d'une cocote minute en état de fonctionner
2° les "galettes de champignons" sont toujours accessibles et sur le même modèle de culture en boites de Pétri avec du maïs écrasée, à la même condition de la possesion d'un dispositif de stérilisation.
3° la production proprement dite de "champignons" : la culture en "briques" a été abandonnée quelques années plus tard suite à l'incompatibilité des nouvelles litières de chat (à base de maïs ou de chanvre) suite, pensons-nous, à de nouveaux procédés de conditionnement et à la présence probable d'additifs de conservation.
A noter cependant des résultats à demi encourageants obtenus avec le recours au déchets de carton, soit à partir des caissettes à démonter soit avec le broyat que pratique certains établissements commerciaux.
Kourou le 26 juin 2014
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